L’éclatant chanteur de Jerez dialogue avec trois complices qui tirent leur épingle du jeu.

Tout en élégance et profondeur, David Carpio revient à Nîmes avec trois complices qui partagent sa vision : au-delà de leurs différences, c’est bien l’essence même du flamenco qui les réunit. Sur scène, c’est sa voix vibrante et gutturale qui fixe le cap. A ses côtés, la guitare de Manuel Valencia prend peu à peu sa liberté puis se replie au plus près du chant. La contrebasse de Pablo Martín Caminero, d’abord insolite, impose vite ses rythmes envoûtants. Et le danseur Manuel Liñan, oiseau noir travesti puis lutin survolté, alterne sensualité et violence.
Ils sont quatre artistes brillants, bien de leur temps, complices et compagnons de route, tous décidés à imposer leur différence. Loin de toute exhibition d’egos. Ils sont là pour dialoguer en finesse, au service d’un seul idéal : le flamenco pur et lui seul. Pour David Carpio, acclamé l’an dernier à Nîmes dans le spectacle de Sepia y Oro d’Andrés Peña et Pilar Ogalla et lors de son passionnant récital à l’Institut d’Alzon, ce Solos est un défi. L’héritier des Carpio, clan gitan de Jerez, n’est plus espoir du cante, longtemps simple accompagnateur des danseurs. David Carpio, désormais, vole à sa guise et haut, avec les frères de son choix.


Son et lumières Théâtre de Nîmes

Production David Carpio.