Chef-d’œuvre d’un auteur parti trop tôt, Woyzeck est une plongée dans les abysses de la folie.

De cette pièce légendaire du répertoire Allemand, il ne reste que des brouillons, esquisses, une matière brute fragmentaire dont Michel Dezoteux et les acteurs du Théâtre Varia s’emparent magistralement. Ils font ressortir la folie du héros, bon et naïf, inspiré d’un fait divers : un soldat accusé du meurtre de sa femme.

Homme à tout faire du capitaine de garnison, Woyzeck est aussi le cobaye d’un médecin à l’éthique scientifique douteuse. Ses soupçons sur la fidélité de «sa » Marie, qui fricote avec le tambour major, le prennent au piège de sa pauvre condition humaine. Sur fond de blues, la scène entière semble sombrer avec lui dans les abîmes de la démence, au sein d’un plateau grillagé, couvert d’une neige que l’on voudrait purificatrice.


Un spectacle du Théâtre Varia, en collaboration avec le centre des Arts Scéniques (CAS).
Avec l’insertion du « Monologue de l’ascenseur » de La Mission de Heiner Müller (traduction Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger).
Photographies : Alice Piemme