Le chef-d’œuvre de Beckett sublimé par la mise en scène de Jacques Osinski et deux acteurs pour qui il semble avoir été écrit : Denis Lavant et Jacques Bonnaffé.
Un long compagnonnage unit Jacques Osinski à l’œuvre de Beckett. Après avoir monté Cap au pire ou Fin de partie, il s’empare en 2025 d’En attendant Godot avec lequel il triomphe dans le Off d’Avignon. Choisissant la version de 1984 remaniée par le dramaturge plutôt que celle publiée en 1952, il suit les nouvelles didascalies de l’auteur qui ajoutent « de la chair aux os » du texte.
Plutôt que d’en retenir une interprétation mystique qui voudrait que Godot soit un dieu sauveur attendu en vain, il préfère garder à l’esprit que la pièce a été écrite en 1948 et que Beckett fut un résistant obligé de s’enfuir.
Ce Godot qui n’arrive jamais pourrait-il être un passeur vers une zone libre ? S’il prend garde de ne placer son action dans aucune époque définie, le metteur en scène en livre une lecture terrienne, dans laquelle Denis Lavant est un Estragon enfantin d’anthologie, Jacques Bonnaffé un Vladimir lumineux et profond. La violence de la relation entre Pozzo et son esclave Lucky fait impeccablement contre-point à la fraternité des deux premiers. Du théâtre comme on l’aime !
Administration Adèle Maugendre Diffusion Evelyne Jacquier
—
Production L’Aurore Boréale.
Coproduction Théâtre des Halles Avignon, Théâtre Montansier Versailles, Théâtre de l’Atelier Paris. Compagnie L’Aurore Boréale est conventionnée par la DRAC-Ile de France.
© Pierre Grobois