Les mots bouleversants de Jean-René Lemoine à sa mère morte dans la violence de son pays natal, magnifiés par l’élégante sobriété de la mise en scène de Guy Cassiers.

C’était il y a 20 ans. L’acteur et auteur Jean-René Lemoine se tenait sur la scène, lançant une adresse poignante et universelle à sa mère disparue. Tentant de combler par ses mots la distance creusée par la vie, l’éloignement acté par la mort, la béance des souvenirs enfouis.
Parce que le temps n’efface jamais totalement la douleur d’une telle perte, il est à nouveau là, silhouette sombre et longiligne, dont seules les mains font mentir l’immobilité. Il donne vie au même texte qui nous apprend telles des réminiscences, l’exil du si petit enfant qu’il était d’une terre en plein chaos. Sa relation fusionnelle devenue orageuse depuis l’adolescence avec cette mère qu’il vouvoie. Le retour de celle-ci au pays natal, Haïti, qui n’en finit pas de se déliter et l’annonce vertigineuse de son violent assassinat sur l’île. Mais cette fois, c’est Guy Cassiers, maître des images, qui le met en scène et construit à sa plainte emplie d’amour, un sobre et somptueux écrin de lumières, d’ombres et de miroitements. Du grand art.


Décor, technique Les équipes de la MC93.

Production MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis.
Coproduction Le Volcan – scène nationale du Havre, Comédie de Valence CDN Drôme-Ardèche, Bonlieu scène nationale Annecy, Maison de la Culture d’Amiens, CDNO, Orléans, Scène nationale de l’Essonne, Agora – Desnos.

© Alexis Cordesse